Le mot qui revient souvent en ce moment est “uncanny”.
Il est déjà assez particulier de changer de statut. D’anonyme harcelé à ennemi d’un pays tout en étant prisonnier politique d’un état.
Écrire une fiction serait plus raisonnable qu’une vérité.
Le point que j’aimerais soulever sans entrer dans les détails est l’élévation de l’intensité des émotions.
Dans un quotidien dit “normal”, le panel des émotions est varié mais leur degré est modéré.
Dans ce far west de la manipulation, la peur arrive en intensité exacerbée à hauteur égale avec la lâcheté. Et puis il y a ce sentiment que l’on rentre rarement ailleurs : une conviction forgée par une sorte d’illusion fabriquée qui permet de se frayer une certaine légitimité en dépit d’une illégalité manifeste. Ce sentiment est associé à une surexcitation des sens qui transporte et transforme une personnalité en justicier de la force qu’il défend. Le résultat est particulièrement uncanny.
Pour paraphraser : un sentiment de justicier exalté par la manipulation des sens, par la croyance fabriquée d’agir pour le bien de son groupe en dépit de toute rationalité ou objectivité.
Cette affirmation est valable pour les forces qui nous gouvernent. Le contexte particulier mériterait une articulatiom plus élaborée mais l’essentiel ici posé semble suffisant.